Un petit portrait de Suisse

D’abord une alliance de trois cantons, la Suisse en compte aujourd’hui vingt-six réunis en un État fédéral. On y parle quatre langues nationales : le français, l’allemand (ou plutôt le suisse-allemand), l’italien et le romanche. Parmis les 26 cantons, nous en avons traversés douze :

Genève Vaud Fribourg Neuchatel
Bern Soleure Lucerne Zoug
Zurich Schwyz St-Gall Appenzell R-E.

 

Nous sommes entrés en Suisse par Genève. Dans ce canton, beaucoup d’expatriés et de frontaliés. Finalement, l’une des langues les plus parlée est l’anglais. Nous avons ensuite traversé la partie Suisse romande (francophone). Passé la Rösti Graben (barrière de rösti, ou barrière de la langue) pour entrer en Suisse alémanique. Dès les premiers mètres après cette frontière invisible, nous sommes un peu perdus. Nous pensions nous en sortir avec les bases d’allemand de Vincent, mais ici, c’est le suisse-allemand. Bonjour ne se dit donc pas « Guten tag » mais Grüezi ou encore Grüetzi mitenand (bonjour à tous), ou encore Grüessech. Bonsoir ne se dit pas Guten Abend mais Gueten Abig. Les gens ont un accent particulier. Nous sommes un peu désorienté au début, mais finalement, beaucoup parle Français ou Anglais donc on s’y fait.

Si vous voulez en savoir plus sur la géographie Suisse tout en humour, vous pouvez regarder le sketch de Marie-Thérèse Porchet.

Les spécificités Suisse

Si la Suisse ressemble beaucoup à la France, nous nous sommes amusés à relever quelques particularités.

  • Les routes suisses ne sont pas en travaux perpétuels. Les marquages aux sols ne concernant pas les voitures sont tous jaunes (pistes cyclabes, passages piétons, voies de bus, etc.)
  • L’autoroute est sur panneaux verts
  • Les marques de randonnées ne sont plus des lignes blanches et rouges mais des losanges jaunes « Tourisme pédestre » puis « WanderWeg »
  • La plupart des foyers compte six poubelles : compost, verre, aluminium, deux types de plastiques et le reste dans un sac taxé. Attention à la police des poubelles et aux amendes des mauvais élèves !
  • Les prises électriques sont à trois branches
  • Les interrupteurs de lumières sont des boutons poussoirs
  • Le rayon fromage au supermarché présente une dizaine de gruyères. Ils sont tous délicieux, rien à voir avec nos gruyères fades de France !
  • De nombreux villages ont leur laiterie/fromagerie
  • Chaque suisse a du chocolat dans ses placards. Ils y tiennent : « Nous avons les meilleurs chocolats ! »
  • Le francs suisse. Les billets sont colorés et imprimés à la verticale. 1 francs suisse = 0,855 euros.
  • Et biensûr, les prix !  La Suisse c’est chère ! Un café allongé coûte entre 4 à 5 francs dans un Bar ou un Tea Room contre 1,20€ en moyenne en France. Presque tous les produits sont deux à trois fois plus chères qu’en France. Mais on tient notre budget de 10 euros par jour.

Pas de barrière de la langue à l’entrée en Suisse mais quelques petites expressions bien d’ici :

  • « Ça joue » pour « Ça va » ou « Ça marche »
  • « C’est juste » pour « C’est vrai »
  • « Entrer sans autre » ou « Assieds-toi seulement »
  • « Si jamais » pour « En fait »
  • Les riverains sont des « bordiers »
  • Les clignotants sont des « signofiles »
  • Le téléphone portable est un « natel »
  • La cuisinière / gazinière est un potager

La Suisse c’est aussi des spécialités culinaires à goûter (pour mon plus grand plaisir) ! On retiendra surtout la fondue moitié-moitié (gruyère – vacherin) et la meringue double-crème !

Meringue - Crème double

Meringue – Crème Double

Fondue Moitié-moitié

Fondue Moitié-Moitié (Gruyère et Vacherin)

Des paysages magnifiques

La Suisse, c’est des lacs immenses, à l’eau bleu transparente, même dans les grandes villes. Avec les Alpes ou le Jura en arrière plan. Avec le temps hivernal, les vues dégagées étaient rares. Nous restions arrêtés devant chacune d’elles. La Suisse, c’est aussi des maisons traditionnelles , énormes chalets de bois au toit descendant parfois jusqu’au sol, sont impressionnantes. Nous nous souviendrons également de la neige. Les forêts de grands sapins habillés de blanc et le silence.

Lac Léman

Lac Léman

Maison suisse

Ferme suisse

Lucerne

Lucerne

La marche en hiver

Malgré l’hiver, nous voulions passer par la Suisse, Vincent et moi ayant déjà visité l’Italie. Mais, marcher en hiver c’est quelques contraintes. Nous avons d’abord dû revoir notre itinéraire pour éviter l’altitude, trop enneigée. Ainsi, nous avons choisi de suivre essentiellement la ViaJacobi, qui reste essentiellement dans les plaines, pour traverser le pays.

Dormir dehors est plus difficile aussi. Pendant une longue période, nous avons traversé de nombreuses villes. Puis, dans les campagnes, il y a eu la neige qui complique l’installation d’un camp et abîme la tente.

Dormir dehors malgré la neige : tentative n°1

Magré tout, après une dizaine de jours en couchsurfing, nous avons décidé : « Ce soir, même pas peur de l’hiver, on dort dehors! ». Manque de chance, nous n’avons pas choisie le bon moment… Je crois que c’était la pire journée depuis notre départ en octobre. Neige fondue au sol, pluie torrentielle toute la journée. Les chemins en pente se sont rapidement transformés en petits ruisseaux. Nous étions trempés !

15 heures, nous tombons sur un refuge en forêt. On décide de rester là. On se change intégralement. Mon duvet a aussi un peu pris l’humidité (depuis, je le range dans un sac poubelle). On se fait un petit feu puis au lit. Crevés. Une petite souris nous tiendra compagnie pour la nuit.

Refuge Suisse

Refuge dans la forêt du Jorat

Le lendemain matin, le réveil est difficile. Les affaires n’ont pas séché. Il faut les remettre.

Puis nous mettons un pied dehors. La forêt est magnifique. Il neige. Tout est blanc et silencieux. Nous sommes les premiers à marcher dans la neige. Un chevreuil traverse le chemin … Nous oublions nos difficultés de la veille et avançons, de nouveau plein d’énergie.

Randonnée dans la neige

Randonnée dans la neige

Dormir dehors malgré la neige : tentative n°2

Depuis cette nuit là, nous avons réessayé de dormir dehors mais les suisses sont accueillants.

Susanne promène son chien et nous voit manger sur notre réchaud. Elle nous propose de venir dormir chez elle et son mari puis nous invite à manger avec eux. Ils nous ferons goûter le « meilleur chocolat suisse », le Laderäch et nous donnerons quelques cours de suisse-allemand.

Dormir dehors malgré la neige : tentative n°3

A Walde, il y a trop de neige pour monter la tente et je n’aime vraiment pas l’idée de dormir dehors en ville, si petite soit-elle. Nous marchons donc de nuit. Le conducteur de la saleuse s’arrête. Il tente de nous trouver un gite d’étape. Il passe des coups de fil, mais ils sont tous fermés. Un jeune nous croise et nous conduit à sa réserve, on peut dormir là, au chaud. Il prévient son voisin, Hubert. Ce dernier nous invite à prendre un café. Son colocataire parle un peu anglais. Il a voyagé. Finalement, nous dormirons dans un lit, chez eux après une longue soirée à parler randonnée.

En luge, c’est plus rapide qu’en marchant !

Marcher l’hiver, c’est aussi faire de la luge ! Nous croisons Marcus et son fils en luge. Il remonte la route enneigée et nous demande si nous voulons essayer. Et comment ! Sa maison est à deux minutes, il nous offre le thé et nous sort deux luges traditionnelles en bois. « Vous descendez jusqu’à l’hôpital, vous laissez les luges en bas, au bord de la route, ma copine doit passer, elle les mettra dans son coffre ». Et c’est parti pour 2,5km de descente ! 15 minutes de bonheur en luge contre 45 minutes à pied. Merci Marcus ! Ça nous a fait la journée. Rien que d’y repenser, nous rigolions sans pouvoir nous arrêter, ivres de bonheur.

Luge Vincent

Prêt pour 2,5km de descente ! Merci Marcus

Luge Amélie

Luge traditionnelle, un rêve de gamine !

La Suisse : de Couchsurfing en Couchsurfing

Avec l’hiver, pour pouvoir continuer de marcher dans de bonnes conditions, nous avons eu beaucoup recours au Couchsurfing. Nous avons aussi fait des petits crochets pour voir des amis. Tellement de rencontres, de personnes différentes. C’est une surprise chaque soir.

Les suisses aiment leur pays et leur canton. Ils aiment en parler et également nous faire goûter des spécialités locales. Nous avons donc été gâtés et gavés de chocolat ! Je me souviendrai de Anne et Jean-Marie qui nous ont régalés tout le week-end et nous ont fait découvrir le Lac noir.

Nous avons rencontrés tellement de voyageurs. Jan, un polonais, nous accueille. Il a fait Pologne – Thaïlande en stop, en 8 mois. Il nous prépare un écrasé de pomme de terre à la « Polish way » : pas de presse purée, je secoue la marmite !

Michael est autrichien. Lui a fait Chine – Autriche en stop en 5 mois. Il invite un ami et nous passons une belle soirée à jouer au Carrom, « billard indien à main ».

Couchsurfing - Carrom

Jeu du Carrom, Soirée de Couchsurfing

Eric, un vendéen, à traversé le Canada en stop. Il fait parti de l’Association des autostoppeurs de Fribourg. Johanna voyageait en voilier, à 50 ans passés, elle a opté pour une jeep avec tente de toit depuis 2 ans. Olivier a traversé de nombreux pays. Aujourd’hui à la retraite, il collectionne les vieux livres écrits par les premiers grands explorateurs.

Noël entre Couchsurfer

Le couchsurfing nous a aussi permis de fêter Noël en famille. Nous avons fait du stop pour rejoindre Alpnach puis se remettre sur notre voie. Verdict : en Suisse, le stop ça marche ! Patricia et ses deux fils, originaires d’Allemagne, nous ont accueillis les 24 et 25 décembre.  Elle hébergeait aussi Hebert, un brésilien vivant en Irelande. Il fait actuellement un petit tour des capitales pour trouver un nouveau pays où s’installer. Je me souviendrai de son sourire et de ses histoires. « An amazing guy ! » Un beau moment linguistique. Patricia est prof de français et d’anglais. Nous écouterons les chants de Noël allemands et portugais.

Cadeaux de Noël

Cadeau de Noël des vagabonds

Sapin de Noël

Joyeux Noël !

Un cadeau à offrir

En France, nos rencontres et réflexions nous ont initiées au lâcher prise, vivre au présent. En Suisse, nous continuons notre apprentissage. La marche est méditative. La route nous invite à accepter nos émotions, nos faiblesses, nos coups durs. À les regarder, les embrasser et à avancer avec eux. Nous sommes compagnons de route. Notre séjour de « zénitude » chez Aline et Nico nous a beaucoup enrichis, nous a mis sur cette voie. lls nous ont confectionné du thé Chaï et nous ont fait un joli pot à donner à l’un de nos prochains hôtes. Un cadeau à offrir, j’aime cette idée.

Thé Chaï

Thé Chaï par Nicolas et Aline, pour offrir