Nous sommes arrivés en Croatie par la frontière slovène en suivant la Via Dinarica. Très vite, le chemin s’est détérioré : aucune marque, arbres tombés sur le passage, éboulis et finalement absence complète de sentier. Par endroit, la forêt est saccagée par les travaux forestiers et de grosses tempêtes. Après trois jours de marche, voyant que cela ne s’arrangeait pas, on a décidé de passer en mode Stop.

Désolation, Via Dinarica

Les joies de la Via Dinarica, mon pantalon n’y résistera pas !

 

Les apprentis stoppeurs

On nous a dit et on a lu que l’autostop est difficile en Croatie. On tente l’expérience. Ok, la moitié des trajets nous a été offerte par des touristes. D’accord, un jour on n’a parcouru que 10 petits kilomètres en stop. Oui, parfois on a longé la route sur 15 kilomètres avant d’avoir une voiture. Un chauffeur nous a expliqué que l’autostop est interdit en Croatie.

Mais nous avons parcouru plus de 700 kilomètres dans le pays. Donc, le stop en Croatie, ça marche. Il faut être patient (ça tombe bien, le deuxième prénom de Vincent c’est Patience). On passe le temps en étudiant les plaques d’immatriculation, en analysant les signes des conducteurs, en élaborant de belles grosses pancartes. Et quand on n’en peut plus, on fait une sieste sous un arbre ou on joue aux cartes. Le plus efficace est de tendre le pouce devant le péage de l’autoroute, à vingt mètres du panneau « autostop interdit ».

On va se mettre là pour faire du stop

On sort l’artillerie lourde

 

Bienvenue à Touristland

La côte croate est magnifique avec sa mer turquoise et ses îles. Les lacs de Plitvice sont le plus beau parc national que j’ai visité. Mais nous n’avons pas trouvé notre place en Croatie. Sur la côte, tout est pensé pour le tourisme. Tout se monnaye. Dans l’arrière-pays, les habitants nous demandent ce que l’on vient faire ici. Ils ne semblent pas comprendre pourquoi on marche.

Magie de la côte croate

Les vagabonds à Plitvice

Heureux hasards du stop

Heureusement, les belles rencontres sont là pour encourager notre démarche.  Sur le chemin de Plitvice, nous croisons deux cyclistes. Encore des français qui s’accordent une année pour rejoindre la Thailande à vélo. Malgré la pluie, Anne-So et Kévin gardent le sourire. Mijo nous laissera les clefs de son appartement sans même nous connaître. Sur la table, il a mis tout ce qu’il faut pour le petit déjeuner. Les hasards du voyage le placeront sur notre route. Il prend alors le temps de nous montrer le petit bout de la côte où il vit et nous fait découvrir les « fritules » (petits beignets).  Au péage, nous rencontrons Marko. Il nous fait visiter son verger et sa plantation d’immortelle avant de nous déposer à Sibenik. On sympathise autour d’une bière. Naturellement, il nous invite à revenir en famille pour un barbecue. Grâce à lui, je partagerai avec mes parents, en visite à Zadar, les joies de la rencontre. Merci Marko pour ce déjeuner de roi et vive l’autostop!

Rencontre avec Anne-So et Kevin, Escapade à bicyclette vers la Thaïlande

Mijo. Belle rencontre et un énorme coup de pouce!

Barbecue de roi offert par Marko!