Avant d’entrer en Turquie je m’imaginais un pays chaud, sec et aride. La région de la mer Noire m’a réservé de belles surprises ! Extraordinairement verte, eau turquoise et çay à volonté.

Entrer en Turquie par Istanbul

Nous passons la frontière dans le camion d’Anatole. Il nous dépose à 40km d’Istanbul. C’est une étape importante de notre périple. Au milieu de cette ville nous changeons de continent.

Turquie. 11e pays !

J’étais impatiente de voir Istanbul sans savoir à quoi m’attendre. Cette ville est gigantesque. Coincée entre deux mers, elle s’étire sur 100km de collines et abrite plus de 15 millions d’habitants. Heureusement pour nous l’autostop marche très bien en Turquie y compris en plein centre ville.

Autostop au coeur d’Istanbul

Nous restons quelques jours à Istanbul pour visiter son vieux quartier et découvrir quelques spécialités culinaires. On se familiarise avec les appels à la prière (adhan) et nous découvrons l’intérieur des mosquées. Céramiques et arabesques ornent les plafonds en dômes et les tapis recouvrent le sol.

Istanbul, Pont Galata Kösprüsü

Istanbul

Nous goûtons les encas turcs, majoritairement à base de pain : la viande de mouton « kepap » avec son pain plat (le kebab ou grec originel !), les gözlemes, les pides et nos préférés, les lahmacuns. En mangeant, on bois de l’Ayran (yaourt liquide salé) puis du thé. On trouve peu de café dans les petits bars. Mais le çay est bu à toute heure dans de petit verre au cul rond. Il est préparé dans une double théière et laissé au chaud toute la journée.

Simit, petits pains au sésame

Nous entrons en Turquie en pleine période électorale. Dans une semaine c’est les élections présidentielles anticipées. Ici pas d’égalité de représentation des différents candidats. Erdogan est partout. Affiches étendues sur des immeubles entiers et sur chaque lampadaire de la ville, camions de campagne, meetings devant le grand bazar. Plusieurs conducteurs nous dirons que les adhérents au parti AKP ressemblent à des supporters de foot.

Istanbul, meeting de campagne électorale

Pour quitter la mégalopole, nous voulions traverser le détroit et changer de continent à pied. Mais voilà, arrivés au pont du Bosphore la circulation est dense et les piétons sont interdits. Il y a des agents à l’entrée du pont. On tente le coup. On marche d’un pas assuré en regardant droit devant nous. Les agents nous hèlent. « – Vous devez prendre la voiture. – On n’a pas de voiture. – Vous devez prendre un bus. – On n’a pas d’argent. » Ils soufflent, arrêtent un bus et nous font monter dedans sans payer. Et merde, on a fait 2km en bus sur notre parcours. Bienvenue en Asie !

Traversée du Bosphore, la police nous a jeté dans un bus

Longer la mer Noire en stop

Nous rejoignons ensuite la côte. Nous longeons la mer Noire en auto-stop. Chaque voiture est une nouvelle surprise, une rencontre inattendue. Les turques sont bienveillants. Ils aiment parler et offrir l’hospitalité. L’accueil semble être un art de vivre. Plusieurs conducteurs nous offriront le thé ou le repas et parfois même une soirée chez eux et un lit pour la nuit. En Turquie nous dormirons la moitié du temps chez l’habitant. Un record depuis le début de notre voyage. Le reste du temps, nous plantons la tente sur la plage. La mer Noire est calme. Seuls les orages viennent perturber nos nuits.

Sur la côte, Mer noire

Saim et sa famille nous accueillent

Nuit à Abana plage

Randonner dans les montagnes

Nous décidons de marcher une centaine de kilomètres entre le monastère de Sumela et le village d’Uzungol. Deux lieux touristiques qui nous importe peu. Ce qui nous intéresse c’est la nature qui les sépare. Les habitants nous ont dit que c’était une belle region. Il semble y avoir quelques petites routes et chemin dans les montagnes. On n’en sait pas plus. On se lance. Les différents chauffeurs qui nous meneront a Sumela nous diront qu’on ne peut pas marcher dans ces montagnes. « il n’y a rien là-bas », « il y fait froid la nuit », « il n’y a aucun hôtel ni market », « il y a des ours et des loups »… Tout ce qu’on aime !

Sumela Monastery

Les plaines derrière Dilaver

Ce fut ma plus belle randonnée depuis le début de ce voyage. Ne sachant pas à quoi s’attendre, chaque village et paysage furent une surprise. A chaque hameau nous devons demander le chemin le plus court pour le suivant. La première réponse est toujours « N’allez pas là-bas il n’y a rien ». Notre marche commence dans une immense steppe verte parsemée de troupeaux de vaches et de petits ruisseaux. Les hameaux sont reliés par de petites routes de terre. Les maisons sont en tôles. Il y a une mosquée dans chaque village avec ses haut parleur. Un soir nous dormirons dans l’une d’elle invités par l’imam.

Petit village perdu dans les nuages

Petit village perdu dans les montagnes

Nous redescendons ensuite en-dessous des 2000 mètres. La steppe laisse place à des parterres de fleurs et de rhododendrons. Nous évoluons entre des montagnes de plus en plus raides. Les sapins recouvrent petit à petit leurs versants. Bientôt des dizaines de cascades nous accompagnent. Cette route entre Dunguldu et Uzuntarla est magique. Nous sommes au paradis.

Les gorges merveilleuses vers Uzuntarla

1001 cascades entre Gunbuldu et Uzuntarla

A Uzuntarla, les maisons sont en bois, accrochées à la montagnes. Les habitants cultivent les haricots dans des potagers en escalier. Nous rencontrons Yılmaz. Il nous invite a prendre un verre dans la salle commune du village. Nous y vivrons notre premier contrôle de police. Après qu’un habitant nous aie montré son arme, deux hommes arrivent et nous demandent nos passeports. Ils nous disent êtres gendarmes. On demande à voir leur carte. Ils sont en civil. Ils contrôleront nos papiers, nos photos et éplucheront mon carnet de voyage.

Yılmaz nous accueille dans sa maison. Il nous cuisine des truites qu’il a pêchées dans la rivière. Il nous laisse pour la nuit. Lui, il va retrouver des amis pour chasser l’ours.

Nuit à Uzuntarla. Yılmaz nous accueille

Nuit chez Yılmaz

Fin de la randonnée, nous reprenons l’autostop, direction la Georgie !

Moto-stop