Après un mois en Géorgie, on s’est attaché aux habitants et a leur joyeuse folie.

Après deux semaines à naviguer entre Batumi et Tbilissi pour nos visas iraniens , nous somme parti randonner sur 245 km. Nous avons traversé les regions d’Ajar, de Samtskhe-Javakheti et de Kvemo Kartli.

La Géorgie  : un pays libre !

Notre arrivée à Batumi nous offre un contraste avec la Turquie. Femmes en jupe courte, alcool, mais surtout casinos et night club. Les vieux quartiers de HLM soviétiques alternent avec les tours vitrées et modernes. Le long de la mer noire, des immeubles plus loufoques les uns que les autres occupent le grand boulevard. Nous entrons dans un pays libre !

Quartier soviet, Batumi

Batumi

Les grands magasins, les petits shops et les boulangeries s’entremêlent. Dans les rues et les bus, les habitants discutent entre eux. Les villes géorgiennes sont toujours animées, même en pleine montagne.

La route aussi est libre de tout code. J’ai eu quelques sueurs froides en faisant du stop et puis j’ai arrêté de regarder par la fenêtre. Beaucoup de voitures ont perdu leur pare choc.

Pour naviguer entre le consulat et l’ambassade d’Iran nous avons testé le minibus. Le premier a arraché le rétroviseur d’un 4×4, le second a creuvé un pneu. Hors des grands axes, pas ou peu de goudrons et les nids de poule sont partout. Après Goderzi nous mettrons 2 heures à parcourir 20 km en autostop. On a le temps et les géorgiens aussi. Ils s’arrêtent pour boire à la source, parler avec le chauffeur de la voiture d’à côté, attraper un paquet…

Truck stop

À Batumi  on séjourne  dans les hostels. Hébergement à petit budget c’est surtout un bon moyen de rencontrer d’autres voyageurs. Baroudeurs, nouveaux arrivants en ville pour une nouvelle vie, simples visiteurs. Ce mélange nous garanti de belles soirées arrosées à la bière et au chacha, accompagnés de poissons et de fromages fumés. On finira plusieurs fois dans l’eau chaude de la mer noire.

International team

Après deux semaines à Batumi on reprend la route. On quitte notre petite bande hétéroclite avec un pincement au coeur.

Randonner au sud de la Géorgie

Les zones du pays connues pour la randonnée ne sont pas du tout sur notre chemin. Mais, sur les cartes de l’hostel quelques réserves naturelles sont indiquées avec, par endroit, des sentiers. On décide donc d’aller marcher là-bas. On verra le reste sur place.

Itinéraire de randonnée en Géorgie

Itinéraire de randonnée en Géorgie

On débute à Chakhrati, pour traverser la réserve de Khintrishi. Dans cette région  le climat est humide et chaud. Les habitants cultivent les agrumes. Les eucalyptus bordent les routes. Les maisons sont en bois, montées sur pilotis. Dans plusieurs jardins, des dizaines de ruches sont installées. La route devient ensuite un chemin de terre empreinté par les jeeps et les randonneurs, enfin, au moins nous.

Climat subtropical, Kintrishi, Géorgie

Climat subtropical, Kintrishi

Maison géorgienne, Kintrishi

Maison géorgienne, Kintrishi

On monte progressivement dans les montagnes. Le climat se rafraîchit. On souhaite atteindre le Mont Khino pour rejoindre la vallée de l’autre côté. Il n’y a plus de chemin sur nos cartes mais on sait que des guides et des bergers y vont donc ça doit être faisable. On croise d’ailleurs un guide dans la brume, il redescend en nous disant que le temps est trop mauvais pour randonner. On est un peu borné, on continue.

On a perdu le chemin

Pause dans les nuages

Rencontre avec un berger

On doit souvent traverser des parterres de rhododendrons. Tout est gorgé d’eau. On est trempés. On entend des cloches plus bas dans la montagne. Un troupeau, il doit y avoir un berger. Dimitri vient à notre rencontre. Il mime et parle en géorgien. « Monter au sommet c’est possible mais d’abord il faut dormir ». Il nous invite chez lui.

On doit l’attendre ici 10 minutes le temps qu’il regroupe son troupeau. On l’observe oeuvrer dans la brume. Son manège est impressionnant. Dimitri a une trentaine de bêtes dont 25 taureaux imposants.

Le soir, son père nous prépare du pain dans le poêle. Au menu : fromage, mouton et chocolat chaud. C’est l’anniversaire de Vincent, on trinque au chacha. « Gagimarjos! »

Ascension dans les rhododendrons

Nuit chez Dimitri

Le lendemain on l’interroge:

Il y a des chemins pour monter au sommet ?

– Non.

Mais toi tu sais y aller au sommet ?

– Oui.

Bon… on y va.

On retrouve la route

Après une ascension du Mont Khino dans la broussaille, le reste sera plus facile. On retrouve une route de terre qui traverse les hauts plateaux. Les petits villages y sont nombreux. Les maisons sont en bois et toit de tôle. On croise les enfants qui rentrent de l’école dans ces minibus. Ils nous crient « Hello! ». Les femmes s’occupent des petits veaux, font du fromage et du beurre dans de grandes bassines. nous regardent passer. Dans leurs yeux, nous sommes des ovnis.

Mont Khino

Route de montagne

Village, proche Goderdzi

Gagimarjos !

Pendant notre traversée on découvre l’hospitalité géorgienne. Les hommes nous invitent à toute heure pour manger un bout de pastèque, de la crème et du miel, des concombres et du fromage frais salé. Mais surtout en Géorgie, on boit ! Tout est prétexte à sortir le chacha fait maison et à trinquer. La France, la rencontre, nos parents restés à Paris … et quand on trinque, il faut boire cul sec. Refuser semble mal poli. Un jour je retournerai mon verre pour éviter d’être resservie. On m’expliquera que c’est une insulte, que je peux simplement dire non.

« Simplement dire non … » la bonne blague !

J’aurai le droit à plusieurs verres de plus…

Parfois on décline les invitations pour s’accorder une journée de sobriété. Ils sont fous ces géorgiens !

Belle soirée à Gudasakho

David nous offre le café

Après 245 km de marche, nous apprenons que nos visas iraniens sont prêts. Miracle ! On doit les récupérer à Baku, en Azerbaïdjan. Il est temps de reprendre le stop. La frontière n’est plus très loin.